💡 La revue du mercredi par Daniel SOMMER notre expert AJE Finistùre Association Jeunesse Entreprises

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#17 Le smartphone : miracle ou calamité ?

Mes activitĂ©s de bĂ©nĂ©vole me conduisent rĂ©guliĂšrement Ă  traverser des couloirs de lycĂ©es, Ă  chaque fois, je suis navrĂ© de voir presque tous les Ă©lĂšves plongĂ©s dans leurs petits Ă©crans, souvent seuls, parfois en petits groupes, et qui ne lĂšvent pas la tĂȘte quand je passe
 Dans ma vie personnelle, il devient de plus en plus compliquĂ© de proposer de partager un repas, sans qu’aucun hashtag#smartphone ne soit dĂ©posĂ© sur la table

Je suis d’une gĂ©nĂ©ration qui a appris Ă  l’école avec du papier et des stylos. Et qui, depuis, a suivi avec beaucoup d’attention l’arrivĂ©e de l’informatique, puis les formidables dĂ©veloppements du numĂ©rique, tĂ©lĂ©communications et internet inclus. Depuis l’irruption du smartphone, en 2007, les innovations se sont succĂ©dĂ©es : haut, puis trĂšs haut dĂ©bit, forte croissance des capacitĂ©s de photographie, puis de vidĂ©o, connexions faciles et universelles
 Bref, le monde (dĂ©veloppĂ©) entier est dopĂ© au petit Ă©cran : plus de 5 milliards d’individus l’utilisent, soit les deux tiers de l’humanitĂ©. Cette explosion a accompagnĂ© la gĂ©nĂ©ralisation d’internet, lequel est dĂ©sormais beaucoup plus consultĂ© sur petit que sur grand Ă©cran.
Ces Ă©crans, de plus en plus de littĂ©ratures viennent les analyser et les commenter : les ouvrages de Bruno Patino, par exemple : « La civilisation du poisson rouge : petit traitĂ© sur le marchĂ© de l’attention » (2019), ou « Submersion numĂ©rique » (2023), ou le tout rĂ©cent « Pourquoi vos enfants devraient vite quitter les rĂ©seaux sociaux », de Jacques Henno. La presse s’y met aussi : Ouest France, par exemple, avec un numĂ©ro spĂ©cial (dĂ©cembre 2023) « Les Ă©crans, amis ou ennemis ? », ou Les Echos du 12/01/2024 : « SantĂ© mentale des plus jeunes : les rĂ©seaux sociaux sur le banc des accusĂ©s ».
Le constat est trĂšs simple : nous sommes tous devenus accros aux Ă©crans. Nous, les adultes, mais surtout les jeunes, pour lesquels l’obtention du 1er smartphone – 11 ans, 12, voire 10 ou 9 ans ! – est devenu un rituel, une ardente obligation. L’addiction aux Ă©crans est devenue telle, que se sont dĂ©veloppĂ©s des centres ou des parcours de dĂ©sintoxication, oĂč l’on voit dĂ©sormais des enfants de trois ans !
Le problĂšme de l’hashtag#addiction aux Ă©crans pour un adolescent, est que cela contrarie, cela handicape clairement son dĂ©veloppement, ses apprentissages, ses rĂ©sultats scolaires. Nombreux sont ceux qui pensent que la baisse des rĂ©sultats scolaires est directement liĂ©e aux effets nĂ©fastes des Ă©crans : perte de concentration, rĂ©duction des capacitĂ©s de rĂ©flexion et de projection dans l’avenir, harcĂšlement

Une idĂ©e parmi d’autres : les Ă©tablissements d’enseignement pourraient mettre en place des campagnes d’information et de dĂ©saccoutumance aux Ă©crans, Ă  leur contrĂŽle, Ă  leur bon usage. Ce que l’on a su faire par le passĂ© pour le tabac, par exemple.
Les écrans et les ados, Une question essentielle ?